Pour le respect des patrimoines arborés urbains

Nos cités ont un double patrimoine, minéral (bâti) et végétal (principalement les arbres). Tous les deux sont maltraités, mais si le premier bénéficie de protections (notamment de la part de l'Architecte des Bâtiments de France) et de recours possibles, le second est beaucoup plus démuni face aux destructions. Dans la ville de Tours, c'est particulièrement net, la moindre rénovation est prétexte à abattre des arbres cinquantenaires ou centenaires, sans que les citoyens ne puissent l'empêcher. On en arrive aux pires excès où un arbre est considéré comme du mobilier vert que l'on déplace (abattage suivi de plantation) à volonté pour un motif plus ou moins futile.

Le bulletin municipal (Tours-Infos de février 2013) en arrive à dire avec satisfaction que "la durée de vie d'un arbre en ville peut atteindre 80 ans". Mais qu'est-ce que 80 ans pour un végétal qui peut vivre des siècles ? Et la formulation employée montre que 80 ans est plutôt un maximum, il est fréquent qu'on abatte des arbres plantés depuis moins de 10 ans.

La situation a gravement empiré en 2011 avec les travaux du tramway. Sur les 700 arbres qui le bordaient sur la moitié centrale du parcours, 600 ont été abattus, alors que ce n'était nécessaire que pour 150 seulement. Et il y eut 400 replantations. Ces chiffres sont précisément explicités dans l'ouvrage d'Alain Beyrand "Tours et ses arbres qu'on ne laisse pas grandir" (consultable sur son site). On y trouve aussi un relevé des abattages systématiques réalisés depuis 1995 sous prétexte d'embelissement. Le scénario appelé "méthode Germain" s'est répété partout en ville : on veut rénover un lieu (place, boulevard...), on commence par abattre tous ses arbres puis on fait de la comm' pour dire qu'on plante. Le mobilier vert a été déplacé, tandis que les arbres en bacs font de la figuration. La ville se minéralise.

Dans les communes avoisinantes, la situation est plus contrastée, mais l'abattage des magnifiques platanes de l'avenue des Platanes à Chambray les Tours et celui des tilleuls de l'Avenue de la République à Joué lès Tours sont l'expression de la même culture anti-environnementale.

A Tours, la fin de 2012 a montré une relative amélioration : pas d'abattages place de la Victoire (mais disparitions des autres espaces verts, haies) et abattages non systématiques au jardin Meffre (beaucoup trop de dégâts inutiles cependant). Le début de 2013 montre un retour à l'obscurantisme le plus borné avec début mars deux séries d'abattages aveugles pour des prétextes très légers : L'AQUAVIT dénonce depuis longtemps ces dégradations répétées (cf. Les luttes de l'Aquavit de 1993 à 2006, sa défense du patrimoine arboré). En octobre 2000, trois de ses militants avaient même été emprisonnés quelques heures pour avoir barbouillé de chaux les platanes menacés de l'avenue de Grammont. Mais la mairie (et aussi le Sitcat, l'office des HLM et l'hôpital, tous présidés par Jean Germain) continue systématiquement de dégrader notre patrimoine arboré. Parmi les prochaines cibles, on trouve les tilleuls du haut de la rue nationale et les platanes des casernes Beaumont et Chauveau.

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